Eh ! Oui ! Mesdames et Messieurs, celui qu'on croyait réservé à l'enfance, celui qui recueille les larmes des jeunes filles éplorées, celui dont la rondeur ne permettait d'envisager qu'une gentillesse et une bonhommie latente est en fait bien plus adulte qu'il n'y paraît, voire même un gros dégoûtant un peu pervers... Pourquoi est-ce que j'avance une telle vision du compagnon ancestral de la vie de chacun ? Parce que je viens de lire deux BD qui tente de pulvériser les codes du Nounours à bébé roudoudou gnagna !!! Merci à mon Bédérama (la librairie rémoise spécialisée dans le 9ème art, la meilleure !) de nous dégoter des trucs et d'autres machins de cette trempe !
Etrangement, les deux livres en question sont issus d'auteurs méditerranéens, allez savoir pourquoi.
Le premier, c'est Le Salon de thé de l'Ours malais, de David Rubin, auteur espagnol, originaire de Galice. L'Ours Malais... fait parti de ce qu'on appelle les romans graphiques mais ce n'est pas vraiment un roman, c'est davantage un recueil d'histoires courtes, en noir et blanc, au dessin stylisé et énergique, à la force narrative entre poésie grave et morceaux de vie. Dans un monde habité par des animaux, des hommes et des super héros, on assiste aux récits de tranches d'existence qui se déroule autour de ce salon de thé qui s'approche beaucoup, comme il est d'usage dans tout bon troquet qui se respecte, d'un cabinet de psychologie du zinc... Ce café est tenu d'une main de velours par un ours vieillissant commerçant à souhait, souriant et consciencieux ! On y croise un Superman et un Batman d'une autre dimension aux existence rongée par un destin terre à terre, une gorgone en mal d'amour, un hippopotame agriculteur en dépression... J'en passe et des meilleurs... Un sacré bestiaire que voilà, M'sieurs Dames ! D'office, cela semble enfantin mais la maturité du trait comme celle des sujets abordés sur une tonalité plutôt sombre, un rien torturé mais toujours illuminé timidement d'un peu d'humour bien senti. Un ursidé philosophe et espièglement sage ! Une drôle de combinaison mais qui fait son petit effet !
Le second, c'est Pandamonia, signé des mains italiennes de Ecuba, Lauria et Cucca. Il s'agit du premier tome intitulé Chaos Bestial. Et en tant que premier tome, il en rempli toutes les convention : présentation d'une situation initiale, des personnage principaux, des enjeux de l'histoire et une ouverture qui laisse présager au moins un triptyque si ce n'est plus. et pour le coup, l'histoire tourne autour d'un panda, comme le titre le laisse penser ! Mais un panda femelle extrêmement sexy. Cette femme panda évolue à Berlin, au 24ème siècle. Avec le temps l'homme ayant perdu sa libido, la survie de l'espèce humaine résiste avec grande fragilité grâce à la science de la mutation entre les espèces. La Terre est donc peuplée d'humains et d'hybrides mais l'homme n'est malgré tout pas sauvé pour autant ! L'humanité des hybrides tant à disparaître envers et contre tout ! La solution réside peut-être en la personne de cette jeune fille panda qui bosse comme serveuse dans un lupanar ! De la SF, du sexe, du sang : en v'là une promesse qu'elle est bonne, pas vrai ?! Le dessin est super classe, quelque part entre Sky Doll et Blacksad. L'écriture est prometteuse. Reste à voir si la suite va valoir le coup. Perso, je m'attend à un croisement entre du Luc Besson en émerveillement et du Tarantino punchy sexy couillu un rien vulgos' ! En tout cas, cela aura eu le bénéfice de nous apporté une vision libidinale de l'ours et ça fallait le faire !
A croire qu'alors que l'ours peine à conserver sa place dans l'existence, les artistes ont décidé d'en faire un symbole de force et de liberté... Pff ! Ca y est, je suis atteint de psydecontoirite aiguë ! Il est donc tant que je vous laisse sur ces bons mots !
Bonnes lectures !
mardi 12 avril 2011
samedi 2 avril 2011
Les Pieds dans l'Olvig 17 - Sucker Punch et autres tempêtes dans un verre d'eau classouille !
Et ben dites donc ! Que de silence de ma part ! Et que de temps perdu à me plaindre tout seul dans mon coin : « Mais bon sang de nom de nom ! Quand c'est qu'c'est que j'vais me mettre à un nouvel article, Nom de Zeus, comme dirait Doc Brown ! »
Ben ouais mais y a des fois où faut prendre du temps pour découvrir les choses, pour les aimer, pour respirer, tout bêtement !
Et côté respiration, voilà trois-quatre jours que je me prends des petites rafales un brin frisquettes mais tellement jouissives que bon ! Du coup, je me sors les doigts du... cahier de notes (bande de scatologues, franchement !) et je cause de mes coups de cœur du moment.
D'abord, une grosse bourrasque bien médiatisée, bien budgétée, un bon vieux blockbuster qui se trouve être super bien foutue et un vrai régal : Sucker Punch de Mister Zack « 300 » « Watchmen » Snyder ! Alors j'en entend certain hurler à la trahison : « Quoi, Olvig, cet amateur de film d'auteur intello et arty qui fait de la lèche à un gros bonnet du film d'action amerloque ! Quel scandale !... » J'en passe des vertes et des quasi-gâtées ! Mais le fait est que je me rend compte qu'on a tendance à dénigrer, à tord, le Snyder ! Dans certains cercle ayatollah de la culture populo, les films du bonhomme sont considérer comme trop flashy bling bling pour être honnête ! Avec son quatrième film, Sucker Punch, le réal persiste et signe : ce type veut raconter des histoires de telle façon que le spectateur en ai pour son pognon ! Sucker Punch ça parle de belle gonzesse qui se bastonne, de monde fantasques, le sexe et de violence mêlée mais tout cela n'est pas vain. C'est du beau, du pas chiant, du loin d'être con. C'est une certaine vision du féminisme, un certain point de vue sur ce qu'est la liberté. Certain diront que c'est de la philosophie de comptoir, du conte pour adolescent pubert ! Et ben je m'en fous ! Moi ce film, je l'ai kiffé. Ça m'a écarquillé les mirettes et aéré la tête. Pour couronner le tout, la zik est bien branlé et s'accorde super bien avec l'univers. J'en demandais pas plus et pourtant j'en ai eu un peu davantage avec une vraie vision d'auteur où le moindre plan semble réfléchi ! Pour le coup, les détracteurs de Zack Snider, je leur dis un gros « M... ! » et je vous conseille d'aller prendre votre panard en salle ! 10,20€ bien dépensés ! Na !
Ensuite, je me suis laissé porté par une brise bien connue sur mon petit bonhomme de chemin, un livre ! Ce n'est pas un bouquin sorti ces derniers jours mais je l'avais acheté il y a quelques semaines et je ne l'ai lu que là, sur le tard. Le Trop Grand Vide d'Alphonse Tabouret, signé Sibylline, Capucine et Jérôme d'Aviau, chez Étincelle. Sous ses airs de livre illustré pour enfant autour d'un voyage initiatique d'un drôle de p'tit truc, Alphonse Tabouret donc, où celui-ci découvre le monde et la vie, ce bouquin est un vraie fable philosophique au ton moderne et léger portée par un dessin simple et original, une esthétique surprenante et touchante. Le genre de bouquin que vous ne pourrez pas vous empêcher de relire et de vous le refiler de parent à enfant, d'ami à poto. Plus fort et vrai qu'un Petit Prince ou qu'un Jonathan Livingston le goeland ! Du sourire en barre, que c'est c'te tiot machin !
Et puis aujourd'hui, en balade chez mon disquaire de gros, coup de zéphyr ! Un vent sec et chaud au coin de la nuque. Dans les allées, on diffusait un album que j'écoute en boucle depuis. No Witch de The Cave Singers chez Jagjaguwar. Ce groupe américain de Seattle existe depuis 2007 mais je ne l'ai découvert que cet aprèm ! Honte à moi mais mieux vaut tard...! Il s'agit d'un folk rock énergique du genre de celui qui nous fait passer des centaines de kilomètres de bitume comme un rien. Ça raccroche un peu aux entournures, ça éraille, ça fait tanguer la tronche et bredouiller du yaourt ! A écouter à fond sans modération !
Après toute cette ventilation, va falloir que je reste un peu au chaud histoire d'éviter la bronchite mais jamais maladie ne me paraîtrai plus enthousiasmante !
lundi 14 mars 2011
Le Réveil de l'Olvig, en slamant !
Bon ! Alors, oui, j'ai fait ma grosse fégnasse ! Deux semaines que je rechigne à faire un article sur ce blog, et en règle général, ces dernières semaines, je ne semble pas très prolixe. Je culpabilise un peu, je ne vous le cache pas. Du coup, pour tenter d'obtenir votre pardon, je vais assumer à fond mon nouveau statut de slameur qui commence à se faire remarquer sur la scène rémoise. Je me refusais à ce constat mais les faits sont là, je suis devenu slameur ! Et, en plus de ça, je suis peut-être même devenu une sorte de junky du slam. J'écris slam, je parle slam, je mange slam (enfin, presque !)... C'est une véritable obsession. Je ne l'ai pas spécialement recherché mais en même temps, les gens que je croise dans les soirées slam sont tellement adorables, intéressants et attachants que j'ai du m'avoué vaincu ! Alors voilà, BAM !!! Histoire de me la péter et de vous en mettre plein les esgourdes ainsi que pour me faire pardonner de mon trop long silence, trois textes à lire ou à écouter, selon votre bon vouloir.
Lectrices, Lecteurs, bonne découverte !
Y a des soirs comme ça
Lectrices, Lecteurs, bonne découverte !
Y a des soirs comme ça
On ne sait pas pourquoi,
On a une envie qui vient qui va,
Ça nous prend comme qui dirait par là. (Montrer le haut de son crâne de sa main)
L'envie de claquer tout ça,
De prendre un gun et de faire sauter la casbah,
D'exploser la tronche de ce gars, là-bas,
De faire en sorte qu'on ne soit
Plus vraiment soi...
L'envie de se la jouer Joe Pesci
Se mettre en costard à la mafiosi,
Se faire dorer le bling-bling un peu à la Sarkozy
Sans pour autant se faire tout rikiki.
Envie d'un p'tit chico en or, juste ici,
D'une montre un peu classe signée Gucci,
Quelque chose qui ferait qu'on me remarque, dans la vie,
Et alors que le type face à moi me cause du souci
Parce qu'il m'aura regardé avec un semblant de mépris
Je chopperais le premier stylo Bic qui traîne façon grigri
Et je planterais dans son œil droit la pointe qu'on use à l'écrit.
J'lui perforerai la gorge à ce dédaigneux Titi.
Il me tâchera de sang mon habit couleur de nuit
Et tandis qu'il crèvera, je l'engueulerai encore, l'abruti...
(Rire en « Hi ! Hi ! Hi ! », d'abord hystérique puis plus gêné. Enfin, se reprendre, un peu...)
Y a des soirs comme ça
On ne sait pas pourquoi,
On a de ces idées qui passent par là. (Montrer son crâne en se tapotant la tempe du bout de l'index.)
Ça nous vient d'abord du bout des doigts,
Puis ça envahit le cœur, le ventre et le bas
L'idée que mes couilles dirigent mes jambes et mes bras.
Qu'elles veuillent foutre en bouillie ce gars, là-bas,
L'idée que rien qu'une fois on ne soit
Plus vraiment soi...
L'idée qu'à la Steve MacQueen faudrait s'la jouer,
Réussir à faucher des clés, celles d'une bagnole sur le bas côté,
Tenter de décrocher un sourire à la blonde aux petits nénés,
L'emmener sans la forcer en voyage vers l'étrange contrée
Que décrivait dans ses bouquins Tonton Hemingway.
Et sans la prévenir faire des embardées
Juste parce que dans le rétro, on aura croisé
Le regard d'un type qu'on peut plus blairer.
Une main sur la cuisse pour la calmer,
Comme Maryline, elle commencerait à se marrer
Moi, j'sais pas pourquoi, ça me rendrai teubé
Et je ferai des blind pour l'épater,
Alors je pourrai plus rien contrôler...
Et c'est un platane, pas ses lèvres, que j'embrasserai.
(Rire en « Hé ! Hé ! Hé ! », d'abord hystérique puis plus gêné. Enfin, se reprendre, un peu...)
Y a des soirs comme ça
On se fout bien du pourquoi,
Y a un truc qui obsède d'un claquement de doigts...
Qui nous prend comme qui dirait par là. (Se frapper le haut du crâne avec la paume de sa main.)
Une sorte d'instinct qui guide nos pas,
Qui nous dit que la vie devrait pas être comme ça,
Qu'il faut buter sûrement mais bêtement ce gars, là-bas.
Qu'il faut qu'en fait, on ne soit
Plus vraiment soi...
L'envie de se la faire à la De Niro
Mine patibulaire et mains dans le dos
La bouche en coin, l'œil en bizot,
Dire à ce mec face à soi que ç'en est trop,
De le fixer bien dans les yeux, un peu de haut
Et lui cracher : « Hey ! Toi ! Ouais, toi ! Le gros !
C'est moi qu'tu regardes, pauvr' idiot ?
Tu vois pas que tu es sur ma route ? T'es mirot ?
Tu prends l'air fier ! Tu te crois costaud !
Limite, comment tu te sapes, on pense que tu te crois beau...
Tu te prends pour qui, espèce de nigaud ?
Pour le prince, un nabab, un gars des Soprano,
T'as beau te la péter, l'air de rien, ça s' voit : t'es un michto !
Par rapport à moi, crétin des Alpes, tu vaux zéro !
(Se montrer agressif avec le micro avec des « Ho ! Ho ! Ho ! », d'abord hystérique puis plus gêné. Enfin, se reprendre, un peu...)
Y a des soirs comme ça, ça serait trop beau
De laisser parler la violence qui habite notre cerveau.
De se laisser agir, de plus y aller molo,
De prendre une tête de turc, se le foutre à dos,
Vouloir qu'il y en ai un qui paye pour tous les salauds...
Et puis quand tu te décides à tout faire péter, tu fais le gros dos...
Puis tu regardes d'un peu plus près le rigolo,
Puis tu te dis qu'tu l'as déjà croisé le saligaud,
Puis tu réalises que dans le miroir, c'est toi, gogo !
(Ce texte m'a valu une grosse pénalité en Tournoi de Slam pour large dépassement des trois minutes réglementaires...)
Arrêtez ! S'iou plaît ! Mais... Rrrâh ! Arrêtez donc de m'regarder...
À la longue, vous vous doutez bien que vous me gênez !
J'ai bien vu, j'ai bien remarqué que vous me matiez.
Depuis tout à l'heure, depuis mon arrivée dans ce café,
J'ai senti les yeux de tout le monde sur moi se coller.
Je vous comprends, remarquez, et je sais ce que vous attendez...
Non, mais... Bien entendu ! Quoi ? Vous me croyiez demeuré ?
J'ai eu le temps de faire le tour de toute la salle d'un pas léger et
Je l'ai constaté, que j'étais la plus belle meuf du café.
La poire que vous vous payez...
C'est bien, vous vous la jouez mais
Je sais bien que je suis une beauté,
Vos regards n'ont de cesse de me le rappeler.
Les mains des uns rêvent de me palper,
La bouche des autres de m'embrasser,
Les mots des femmes de m'évincer.
Même toi, là, juste à côté, ton manège est bien rôdé !
Dés que j'ai eu le dos tourné tu n'as voulu que mon fessier.
Fais pas celui qui n'a rien capté,
Tu veux pas l'dire qu'j'te fais bander ?!
Ah ! Je sais ! Tu veux pas l'avouer
Parce que ta femme est là, juste à côté...
Non ? Ben, alors, vas-y, dis la vérité !
Ah ! La, la ! Les mecs, j'vous jure, des dégonflés !
Ça vous bave dessus en louzedé
Ça se fait des fixes sur votre décolleté
Ça se donne des coups de coude en vous traitant de traînée
Et face à vous ça assure autant qu'un plat à réchauffer... de chez ED.
Même pas capable d'assumer le fait
Que dans leur calecif ça sent le cramé...
Et puis, vous toutes, mesdames, avouez
Que vous enviez mes hanches bien dessinées,
Mes lèvres gourmandes, mes petits nénés,
Mes cheveux longs un peu décoiffés...
Je crois que si je n'étais
Pas aussi sympa, vous ne pourriez
Pas me piffer.
A voir vos têtes, tout de suite, j'ai deviné
que vous me trouvez imbu de moi-même et
Prétentieuse comme jamais.
Et je dois dire qu'il y a un fond de vrai
Dans ce que vous pensez.
Mais prenez un instant et imaginez...
Si ça se trouve, si j'étais un mec, je serai
beaucoup moins bien gaulé...
Mais là, à cet instant donné,
J'ai bien conscience qu'à vous parler
Comme je le fais
J'aurai pas besoin d'être beau pour que vous me regardiez.
Inventaire frigorifique
Au commencement, il n'y avait rien !
Et puis, lorsqu'on l'a ouvert
Pour en allumer la lumière...
On s'est mis à l'emplir
Selon notre désir...
Des pizzas marguaritas précuites
Des tupperwares hachis-parmentieurisés
De l'emmental au lait pasteurisé
Des yaourts vanille choco-pépites
De la bière blonde premier prix
Deux-trois tomates déculpabilisatrices
Quatre Danettes caramel tentatrices
Et de la mayonnaise aussi.
Pendant longtemps, de nouveau : Rien !
Et puis, on l'a rouvert
Afin de se satisfaire
De faire un peu illusion aussi
Afin que l'autre nous apprécie.
Une batavia pas défraichie
Un citron, du lait et des pêches
Des tagliatelles ciglées « fraîches »
De l'Actimel 0% goût kiwi
Des œufs bio vieux de deux jours
Un petit chablis pas cher
Du jus d'orange qu'on venait de faire
Et de la mayonnaise, toujours.
Et pour un temps, ce fut le train-train.
On l'ouvre de façon ordinaire
Sans trop faire de manière
Chacun se permet de faire cohabiter
Ses diverses denrées
Pour elle, du jus de goyave
Et de la cire à épiler
Pour lui, du chocolat au lait
Et du riz pilaf
A elle, des bâtons de surimi entamés
Et des graines de betteraves germées.
A lui, le vieux roquefort de chez Mémé
Et un pot de mayonnaise périmée.
Quand soudain on vida le tout, un jour chagrin
Parce qu'y a des fois, les DLV se dépassent
Pour le consommateur comme pour la boustifaille
Juste le temps qu'elle s'en aille
Lui voit s'effacer les traces
Plus de margarine anti cholestérol
Ni de barquette de fraises du Limousin
Pas plus encore de civet de lapin
Tout juste une courgette un peu molle.
Plus de tarama ou de saumon fumé
Et plus une goutte de soupe lyophilisée
Et à l'endroit où y avait des poissons panés
Reste juste un pot de mayonnaise vidé.
On dit souvent que l'appétit vient en mangeant,
L'histoire d'amour se ferait-elle en consommant ?
Il se retrouve seul, face éclairée par le frigo,
Pas sûr qu'il refera des courses de si tôt !
dimanche 20 février 2011
Les Pieds dans l'Olvig 16 - Du comics à la française et de la littérature classiquement moderne...
Enfin j'arrive à relire avec un minimum de suite dans les idées... Il s'en fallait de peu pour que je déclare le décès de ma capacité de concentration au delà de vingt pages... Et, sous le coup de cette joie soudaine de la résurrection d'un partie de ma caboche, il faut que je vous en parle...
Deux jolies découvertes qui méritent qu'on s'y arrête mais deux découvertes qui n'ont rien à voir l'une avec l'autre.
Commençons avec mon péché mignon, de la BD ! Et pas n'importe laquelle, de la BD brute de décoffrage, qui envoi la purée et dézingue un peu les mirettes. Lecteurs, Lectrices, amateurs de science fiction débridée, adorateurs d'humour noir, let me introduce un nouveau « fanzine » objet éditorial non identifié, je vous présente et vous réclame de lire le premier tome de Doggy Bags publié par 916 Label. Cultivant un amour du genre du comics indé un peu à la Grindhouse (Rappelez vous, Planète Terreur et Machete de Robert Rodriguez ou Boulevard de la mort de Quentin Tarantino !), voilà un specimen de comics à la french touch qui nous donne du bon grain à moudre pour nos cervelles de dégénérés (dont je suis un des plus beaux représentants) ! En trois histoires, une de loup garou (Fresh, Flesh & Hot Chrome de Singelin), une de tueuse (Masiko de Maudoux) et une dernière de poursuite à mort (Mort ou vif), le lecteur est plongé dans trois univers à l'atmosphère délicieusement crade, transpirante, testostéronée de façon subtile... Trois auteurs aux scénarii peut-être inégaux mais aux dessins incroyablement efficaces. Gros craquage pour le Mort ou Vif de Run, à l'impitoyable humour noir qui m'a eu comme un bleu ! Ah ! Y a pas à dire, ce Doggy Bags... Non seulement c'est drôle mais c'est aussi beau et pas aussi con que ça en à l'air ! De quoi se décomplexer une âme de trentenaire adulescent tout en séduisant habilement un public assez large ! Prenez le risque, vous m'en direz des nouvelles.
Puis petit focus sur le premier roman de Mademoiselle Émilie Desvaux, À l'attention de la femme de ménage, publié chez Stock. Oui, c'est la première fois que je parle de littérature sur ce blog. Allez savoir pourquoi, alors que c'est l'essence de ma vie, je n'en avais pas encore fait de critique. Peut-être parce qu'en tant qu'apprenti écrivain je ne m'en sentais pas l'autorisation. Peut-être aussi parce que je n'avais pas encore trouvé la personne sur qui passer le pas. Un premier roman, je m'en sens autorisé.C'est l'histoire d'une maîtresse de maison pas encore quadra qui raconte sa vie à sa bonne dans une longue lettre. C'est une histoire d'un franchissement de cap dans la vie d'une femme. C'est l'histoire d'un être pour qui l'amour est un questionnement plus qu'un état. C'est l'histoire d'un manque de l'autre parti trop tôt. C'est une histoire de femmes ensemble mais qui ne peuvent s'empêcher d'être seules... Arrêtons là le résumé, le délice de ce roman est la découverte de cette drôle de vie au fil des pages. En dire davantage serait sacrilège. Dans un style frais et élégant, Mamzelle Desvaux, la vingtaine allègre, vouvoie son lecteur sous couvert d'une pseudo forme épistolaire. Technique facile mais suffisamment bien employée pour attraper l'aimable possesseur du bloc de papier imprimé que je suis. Avec un petit bout de joie de vivre, de « je me prends pas trop au sérieux sinon j'enfilerai plus mes godasses », un soupçon de joli parlé, un chouillat de désenchantement bien pensé... ce premier roman nous laisse voir un charmant auteur en la personne d'Émilie Desvaux. J'ai pas pu me retenir de penser à Bonjour Tristesse, du petit monstre Sagan, avec un rien d'impertinence en moins... Tout ce qu'on peut lui souhaiter, c'est de se lâcher davantage. Débridée, la plume de la jeune fille fera des étincelles, selon moi. D'autant qu'avec les yeux gigantesques et l'air de biche angélique qu'elle présente sur le bandeau de son premier opus, on sent qu'il y a de la ressource et du bankable. Un pétillement croquignolesque à mon coeur, cet À l'attention...
Je le souhaite à tout le monde !
Bonne lecture, bonnes gens !
jeudi 10 février 2011
Les Pieds dans l'Olvig 15 - Love & autres drogues... mouais !
N'ayant envie que d'une chose ces derniers temps, fuir mon chez moi, je suis allé voir, hier soir, le dernier film avec Jake Gyllenhaal et Anne Hataway, Love & autres drogues de Edward Zwick. Mister Zwick n'étant pas du genre à faire dans l'esprit léger et court vêtu (C'est quand même le bonhomme qui nous a pondu l'excellent Black Diamond avec Di Caprio et le moyen mais couillu Dernier Samouraï avec notre scientologue préféré, Tom Cruise), j'étais un peu estomaqué par la bande annonce qui nous présente une comédie de moeurs avec deux gravures modernes du glam-tchikiwawah !Ce qui m'a donné envie de le voir avant toute chose, je ne le cache pas, c'est le casting. Le brun aux yeux sombres de Brokeback Mountain devenu ultra bankable depuis Prince of Persia avec la jolie brune pétillante du Diable s'habille en Prada, je trouvais ça classouille !
De quoi que ça parlotte ? On est fin des 90's. Jamie est ce genre de mec qui se démerdera toujours pour trouver du taf parce qu'il a la tchatche et qui devient commercial dans la pharmaceutique. Maggie est de ce genre de nana libérée sexuellement qui préfère que sa vie ressemble à une bonne poilade plutôt que s'apitoyer sur son sort de fillette malade. Ce deux là se rencontrent. Ils sont sexy l'un et l'autre. Ils baisent. Ils kiffent. Ils recommencent, sans prise de tête... jusqu'à ce que les sentiments naissent. Bien que l'un et l'autre se refusent à un craquage sentimental, ils sont bien obligés de reconnaître que non seulement le cul entre eux est une drogue, mais aussi qu'ils ressentent une dépendance réciproque... On s'en doute, tout ça va se compliquer un peu parce que sinon il n'y a pas de film...
Pourquoi les 90's ? Parce que naissance du Viagra dont on va en parler pour essayer de donner de la cohérence à la narration (Faut bien causer de médocs sinon le titre n'a aucun sens). Pourquoi ce réalisateur ? Parce qu'il n'avait pas encore fait de mélo et que ça manquait à sa filmo... mais finalement il s'en sort pas mal.
C'est un film plutôt inoffensif, ce Love machin-truc, finalement. Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, ça se laisse regarder, c'est assez agréable, les acteurs sont charmants, radieux, ils illuminent la pelloche ! Ils ont deux jolis sourires Colgate, ils sont un peu caustiques, souvent dénudés et sexy, les dialogues ne sont pas mauvais, la narration n'est pas compliqué, on navigue à vue, rien n'est sous-entendu... Ca aurait été joué par Shirley MacLaine et Paul Newman dans les années 60 que ça ne m'aurait pas surpris, en fait. Sincèrement, c'est un film pas mal pensé mais qui ne restera pas dans les anales. Ca fera bien sur les CV de tout le monde. Ni plus ni moins...
lundi 31 janvier 2011
L'Olvig se la joue encore slameur !
Le Slam prend de plus en plus de place dans ma vie. Ca devient un besoin. Un besoin de s'exprimer, un besoin de présenter directement mon travail perso, face à un public. Un de ces quatre, va falloir que je vous présente ces gens merveilleux qui composent le collectif Slam Tribu. J'ai beaucoup d'admiration pour eux et je ne les remercierai jamais assez pour ces cadeau qu'ils nous dispensent tout le long de l'année : leurs univers et un lieu d'expression...
Avant de vous parler de ces personnes d'exception, voilà que je me la pète encore et que je vous propose d'écouter mon dernier slam fait sur scène, durant ce mois de janvier.
Texte humoristique et hyper perso. Une déclaration d'amour à mon ventre débordant... oui ! Je suis un être totalement égocentrique, c'est affreux !
Enjoy !
Avant de vous parler de ces personnes d'exception, voilà que je me la pète encore et que je vous propose d'écouter mon dernier slam fait sur scène, durant ce mois de janvier.Texte humoristique et hyper perso. Une déclaration d'amour à mon ventre débordant... oui ! Je suis un être totalement égocentrique, c'est affreux !
Enjoy !
vendredi 28 janvier 2011
Un coup d'épée dans la Vesle ! : le bureau des plaintes est ouvert
Les gens que je croise dans les rues que j'emprunte (sans omettre de les rendre) ont une fâcheuse tendance à m'agacer. Je parle des gens de passage, ceux à qui on adresse à peine un signe de tête pour donner le bonjour. Le genre de personnes qui nous claque en pleine gueule que la ville où ils vivent les emmerde prodigieusement. Qu'il n'y a rien à faire dans ce qui leur semble être une cité dortoir. Qu'on s'emmerde comme des rats morts dans c'te trou. Et qui nous balance avec une nonchalance un poil emprunte de snobisme quotidien « Vous êtes déjà allé à New York ? (Remplacez le nom de la ville par celui de n'importe quelle mégalopole un peu connue, qui a son cinéaste attitré en général, ça marche aussi...) Moi, j'en reviens... Enfin, ça fait deux mois maintenant... New York me manque. Si vous y allez un jour, vous verrez, vous serez triste de revenir... Ici, on se fait chier, y a rien à faire... »Ce genre de phrase a le don de me faire dresser les poils, de me faire sentir que mes dents poussent, me déclenche une irritation pareille à celle des piqûres de moustique dans le creux du dos. Et du même coup, m'inspire une certaine aversion pour les gens qui l'articule clairement et de vive voix dans MES lieux publics.
Attention ! Je ne dis pas que New York doit être pleine de charme. Je n'en doute pas même. Mais Nom de Dieu de bordel de merde à cul, espèce de connasse, vous y étiez pour des vacances. Pas pour y vivre pendant une décennie. Que vous soyez emballée, pétasse de mes deux, par la grosse Pomme ou par un quelconque autre amoncellement de bâtiments situé à tel ou tel point du globe, j'en suis fort aise. Mais vous n'avez fait, chère petite mégère dressable à coup de fouet, qu'expérimenter la magie de « l'herbe est toujours plus verte, bla bla... » que perso j'appelle « la vie doit être quand même plus facile pour ceux qui sont circoncis... ». La ville où tu vis, crétine atrophiéee du bulbe, renferme forcément tout un tas de bidules tout aussi charmanteux et enthousiasmiques que (la ville de tous les qualificatifs) mais comme tu les fréquentes depuis belle lurette et que ta caboche couverte de suie s'est calibrée pour ne plus rien remarquer. Pire, elle s'est prise au jeu de la comparaison stupide parce que forcément porteuse d'un ravage cataclysmique. Et horreur des horreurs, elle s'est même bloqué, enraillée sur la position « le rêve devrait être ma vie alors pourquoi que non ! »
Oui ! L'Olvig est bougon, ce soir. Bougon et râleur. Mais comme je râle sur les râleur, ça s'annule, non ? C'est l'argument des faibles que j'implore : moins par moins égal plus. C'est un argument aussi mauvais et bas que celui du nazisme mais je dois bien le reconnaître, ce soir (comme la plupart du temps, d'ailleurs) je suis un être faible, veule et complètement ballot ! Oui, je le revendique, je suis un gros con ! Mais un gros con qui se refuse à dire des imbécillité comme « Je m'ennuie à (Ville d'habitation) ! Y a rien à y faire ! » Je suis un gros con mais pas une petite putaine de prétentieuse blasée de la life. Le genre de personne qui me donne de l'urticaire, pour faire dans la brièveté.
D'ordinaire, je suis pas le genre de bonhomme, le style de blogueur à vomir son embarras dans un post acerbe mais là, juste aujourd'hui, j'en avais envie. J'avais besoin de laisser coulé un peu de ma bile par le biais d'une lucarne un peu voyante. Moi, ma ville, Reims, je l'aime ! C'est que comme pour n'importe quelle amante, il y a des fois où je ne peux pas la blairer, où j'ai envie de la traiter de tous les noms mais même après une bonne grosse dispute je suis prêt à la défendre bec et ongle face aux pédants imbuvables... Je me refuse à faire les nabots de la République en sortant un truc du genre : « Reims, tu l'aimes ou tu la quittes ! » Hors de question ! Déjà parce que 1m90 c'est trop élevé pour faire de moi un nain, mais surtout parce que l'idée ne me vient même pas à l'esprit. Et puis aussi parce que le haussement d'épaule frénétique m'épuise un peu... Moi ce que je veux dire c'est « Reims, fait un effort pour en voir les attraits avant de critiquer comme une vulgaire poularde élevée en batterie ! L'herbe rémoise n'est pas moins verte que de l'autre côté de l'Atlantique, elle est juste d'un autre vert, moins plastoque certainement ! Tes souvenirs de voyage lointain garde les pour tes moments de rêveries mais ne t'en serres pas comme d'un sujet de conversation niaiseux. Y a suffisamment de raison pour se plaindre dans nos vies mornes pour que tu rejettes la faute sur ma Reims à moi. Reims, tu ne la sens pas... Et ben tu fermes ton usine à connerie et tu la subis un peu... Même les gens subissant l'enfermement carcéral se font à leur situation, tu t'y feras, gougnafière !
En me relisant, je me rends compte que mon déblatérage est trop bien tourné pour être vrai mais j'ai une impression de fausseté dans toutes les conversations qui tombent dans un coin de mes oreilles lasses. Sûrement parce que je lis trop et regarde trop de série télé, ces dernières semaines. Du coup, j'ai cette impression un peu dégueulasse que les auteurs de mon film perso ont mal fait leur boulot pour les parties dialoguées des derniers épisodes... Conclusion : Faut que j'arrête les fictions quelques jours et que j'arrête de subir les détrempés de la vie qui osent trimballer leur guêtres dans mes lieux de repos...
Voilà ! Finalement, ça m'aura permis d'écrire une petite bêtise sans intérêt...
Promis, la prochaine fois je parlerai de quelque chose de plus intéressant... Enfin j'espère !
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