dimanche 26 juin 2011

Les Pieds dans l'Olvig - Psykoparis, la giclée de sang qui rafraîchit !

Eh, ben voilà ! Ca m'avait manquer, une BD fofolle qui a l'air d'en avoir dans le cigare autant que dans le pantalon ! Et bien avec ce premier tome de Psykoparis (titre un peu naze, quand on découvre la qualité du machin), signé de Tristan Roulot au scénar et Corentin Martinage au coup de crayon, on a droit à un vrai ouvrage qui promet du steak !

Dans un Paris parallèle (ou futuriste, on ne sait pas et, faut bien le dire, on s'en fout), le monde se la joue relax n'ayant plus d'appareils motorisés à chaque coin de rue et se dépatouillant tant bien que mal son arme blanche perso... Alors que Maman, la marraine de tous les malfrats possibles et imaginables, se voit cambriolée et privée de la liste des dettes que la Criminalité entière lui doit. Les auteurs de ce forfait ? Cid et Nathan, deux ados traînant dans les rues de Paname, à la recherche de connerie à faire...
L'histoire à l'air un peu idiote et rebattue mais en faite le traitement renverse cette impression. On se balade entre les narrateurs de façon très habile, l'histoire va à son rythme et pourtant va un train d'enfer... Le dessin est nickel chrome, entre BD franco-belge et comic book hyper lèchouille. Des caractères à peine abordés et pourtant suffisamment approfondis et substantiels pour qu'on accroche ! Des couleurs énergiques (by Le Moal et Poupart) qui tiennent en éveille et donnent une sacrée dynamique. Y a de l'action, de l'humour !
Pour une fois, je dis chapeau ! Je ne suis pas un fan des éditions Soleil qui usent et abusent souvent d'un même genre de BD commerciale, mais là, donnez m'en autant que vous le voudrez...
13,50€ bien utilisés...
Fortement conseillé, les gens !!!

samedi 25 juin 2011

Un slam de mai pour la fin juin...

Le Soleil s'éveille à nouveau, L'Olvig sort la tête de sa coquille théâtrale et revoilà le bonheur d'être bloggeur...
En attendant que j'ai de quoi vous mettre des trucs sous la dents, voici un slam fait en mai dernier lors du dernier tournoi organisé par Slam Tribu au café le Sans Souci à Reims. La vidéo est de mon pote Seb Gomes du blog (et bientôt du site) Les Music'ovores...
Enjoy !


Et voilà le texte : 

PAPA

...

Bah ! Moi, j' m'en fiche parce que mon papa c'est l'plus fort !
Et puis t'façon vous pourrez dire ce que vous voudrez
Qu'le vôtre est plus ceci-cela, rien à faire et
Toute manière, quoi qu'vous causiez, j'suis pas d'accord !

Mon père c'est rien que l'meilleur parce qu'il est costaud,
Il a des gros bras poilus et tout dorés et
Ses grosses mains super musclées peuvent plier d' l'acier
Et même que c'que vous dites, j'm'en tape, moi, je l' trouve beau !

A cause qu'il a une moustache et des yeux gris bleu
Et un gros ventre tout blanc qui dépasse d'sous l'maillot.
Mon père, il s'en fout d'pas faire james bond ou zorro,
Qu'on soit en bonne santé, c'est ça qui l'rend heureux !

Et puis mon père il est super intelligent et pas qu'dans sa tête
Avec ses mains il construit des meubles, des légumes et du pâté !
Mon Papa, c'est mon héros, plus qu'Astérix ou Mickey !
Mon Père, je l'aime, et tant pis si ça vous embête !


Ben, perso, mon daron, c'est pas un warrior
Sérieux, avec le vôtre, j'suis sûr que vous y gagnez
Parce que franchement j'ai beau y regarder de prêt
Le vieux, c'est pas l'genre a t'faire perdre le nord !

Sincèrement avec sa p'tite moustache à la ritale
Et ses bras grassouilles bronzés jusqu'aux épaules...
J'te jure, c'te honte quand il me dépose devant l'école !
Oh ! Puis c't'haleine matinale à la Pedigree Paal !

Puis à quoi ça rime ce bide qui déborde de son froc
Et ces T-shirts à moitié crades et toujours rapiécés !
Niveau style, le Daron, peux pas dire qu'y ait d'quoi l'admirer,
Fait chier, t'façon, son éducation c'est du toc !

Quand tu l'vois bosser comme un con dans un truc qu'il aime pas
Sous prétexte qu'il faut bien payer les factures et nourrir la famille
J'me dis qu'il a jamais eu de rêve, ce mec là...
Et après on s'étonne quand j'dis que ma vie, peux pas dire qu'elle brille.


Et bien, comment dire... Mon père, c'est le plus mort...
Sûr que le père des autres peut l'être lui aussi
Mais c'est le mien qui ne traîne plus ses guêtres par ici
Le mien qui m'laisse des cicatrices au dedans comme au dehors !

J'arrive à l'âge où s'améliore le système pileux de la famille
Qui, avant la trentaine, est ce qu'il appelait de la barbe de jardinier
Du dimanche car on peut y chier entre les allées.
Blague un peu grossière qui a le don de m'accrocher un sourire, un oeil en vrille.

Chaque année qui passe et qui me sépare de lui
Je le vois ressurgir sur moi, mon caractère et mon physique.
Ca passe par trois fois rien, des accents, des gestes, des mimiques,
Ou par des plaisanteries un peu merdiques qui naissent pas de la dernière pluie.

Mon père c'est le plus mort parce que c'est le plus présent,
Le seul mec à qui j'aurai pu dire «je t'aime» sans l'avoir fait,
Le modèle d'une vie qui m'a montré le chemin qu'il me reste à tracer :
Mes rêves, je vais les réaliser pour que sa vie ne se réduise pas à du vent.


mardi 12 avril 2011

Les Pieds dans l'Olvig 18 - Razzia sur les nounours !

Eh ! Oui ! Mesdames et Messieurs, celui qu'on croyait réservé à l'enfance, celui qui recueille les larmes des jeunes filles éplorées, celui dont la rondeur ne permettait d'envisager qu'une gentillesse et une bonhommie latente est en fait bien plus adulte qu'il n'y paraît, voire même un gros dégoûtant un peu pervers... Pourquoi est-ce que j'avance une telle vision du compagnon ancestral de la vie de chacun ? Parce que je viens de lire deux BD qui tente de pulvériser les codes du Nounours à bébé roudoudou gnagna !!! Merci à mon Bédérama (la librairie rémoise spécialisée dans le 9ème art, la meilleure !) de nous dégoter des trucs et d'autres machins de cette trempe !

Etrangement, les deux livres en question sont issus d'auteurs méditerranéens, allez savoir pourquoi.

Le premier, c'est Le Salon de thé de l'Ours malais, de David Rubin, auteur espagnol, originaire de Galice. L'Ours Malais... fait parti de ce qu'on appelle les romans graphiques mais ce n'est pas vraiment un roman, c'est davantage un recueil d'histoires courtes, en noir et blanc, au dessin stylisé et énergique, à la force narrative entre poésie grave et morceaux de vie. Dans un monde habité par des animaux, des hommes et des super héros, on assiste aux récits de tranches d'existence qui se déroule autour de ce salon de thé qui s'approche beaucoup, comme il est d'usage dans tout bon troquet qui se respecte, d'un cabinet de psychologie du zinc... Ce café est tenu d'une main de velours par un ours vieillissant commerçant à souhait, souriant et consciencieux ! On y croise un Superman et un Batman d'une autre dimension aux existence rongée par un destin terre à terre, une gorgone en mal d'amour, un hippopotame agriculteur en dépression... J'en passe et des meilleurs... Un sacré bestiaire que voilà, M'sieurs Dames ! D'office, cela semble enfantin mais la maturité du trait comme celle des sujets abordés sur une tonalité plutôt sombre, un rien torturé mais toujours illuminé timidement d'un peu d'humour bien senti. Un ursidé philosophe et espièglement sage ! Une drôle de combinaison mais qui fait son petit effet !

Le second, c'est Pandamonia, signé des mains italiennes de Ecuba, Lauria et Cucca. Il s'agit du premier tome intitulé Chaos Bestial. Et en tant que premier tome, il en rempli toutes les convention : présentation d'une situation initiale, des personnage principaux, des enjeux de l'histoire et une ouverture qui laisse présager au moins un triptyque si ce n'est plus. et pour le coup, l'histoire tourne autour d'un panda, comme le titre le laisse penser ! Mais un panda femelle extrêmement sexy. Cette femme panda évolue à Berlin, au 24ème siècle. Avec le temps l'homme ayant perdu sa libido, la survie de l'espèce humaine résiste avec grande fragilité grâce à la science de la mutation entre les espèces. La Terre est donc peuplée d'humains et d'hybrides mais l'homme n'est malgré tout pas sauvé pour autant ! L'humanité des hybrides tant à disparaître envers et contre tout ! La solution réside peut-être en la personne de cette jeune fille panda qui bosse comme serveuse dans un lupanar ! De la SF, du sexe, du sang : en v'là une promesse qu'elle est bonne, pas vrai ?! Le dessin est super classe, quelque part entre Sky Doll et Blacksad. L'écriture est prometteuse. Reste à voir si la suite va valoir le coup. Perso, je m'attend à un croisement entre du Luc Besson en émerveillement et du Tarantino punchy sexy couillu un rien vulgos' ! En tout cas, cela aura eu le bénéfice de nous apporté une vision libidinale de l'ours et ça fallait le faire !

A croire qu'alors que l'ours peine à conserver sa place dans l'existence, les artistes ont décidé d'en faire un symbole de force et de liberté... Pff ! Ca y est, je suis atteint de psydecontoirite aiguë ! Il est donc tant que je vous laisse sur ces bons mots !

Bonnes lectures !

samedi 2 avril 2011

Les Pieds dans l'Olvig 17 - Sucker Punch et autres tempêtes dans un verre d'eau classouille !

Et ben dites donc ! Que de silence de ma part ! Et que de temps perdu à me plaindre tout seul dans mon coin : « Mais bon sang de nom de nom ! Quand c'est qu'c'est que j'vais me mettre à un nouvel article, Nom de Zeus, comme dirait Doc Brown ! »
Ben ouais mais y a des fois où faut prendre du temps pour découvrir les choses, pour les aimer, pour respirer, tout bêtement !
Et côté respiration, voilà trois-quatre jours que je me prends des petites rafales un brin frisquettes mais tellement jouissives que bon ! Du coup, je me sors les doigts du... cahier de notes (bande de scatologues, franchement !) et je cause de mes coups de cœur du moment.

D'abord, une grosse bourrasque bien médiatisée, bien budgétée, un bon vieux blockbuster qui se trouve être super bien foutue et un vrai régal : Sucker Punch de Mister Zack « 300 » « Watchmen » Snyder ! Alors j'en entend certain hurler à la trahison : « Quoi, Olvig, cet amateur de film d'auteur intello et arty qui fait de la lèche à un gros bonnet du film d'action amerloque ! Quel scandale !... » J'en passe des vertes et des quasi-gâtées ! Mais le fait est que je me rend compte qu'on a tendance à dénigrer, à tord, le Snyder ! Dans certains cercle ayatollah de la culture populo, les films du bonhomme sont considérer comme trop flashy bling bling pour être honnête ! Avec son quatrième film, Sucker Punch, le réal persiste et signe : ce type veut raconter des histoires de telle façon que le spectateur en ai pour son pognon ! Sucker Punch ça parle de belle gonzesse qui se bastonne, de monde fantasques, le sexe et de violence mêlée mais tout cela n'est pas vain. C'est du beau, du pas chiant, du loin d'être con. C'est une certaine vision du féminisme, un certain point de vue sur ce qu'est la liberté. Certain diront que c'est de la philosophie de comptoir, du conte pour adolescent pubert ! Et ben je m'en fous ! Moi ce film, je l'ai kiffé. Ça m'a écarquillé les mirettes et aéré la tête. Pour couronner le tout, la zik est bien branlé et s'accorde super bien avec l'univers. J'en demandais pas plus et pourtant j'en ai eu un peu davantage avec une vraie vision d'auteur où le moindre plan semble réfléchi ! Pour le coup, les détracteurs de Zack Snider, je leur dis un gros « M... ! » et je vous conseille d'aller prendre votre panard en salle ! 10,20€ bien dépensés ! Na !

Ensuite, je me suis laissé porté par une brise bien connue sur mon petit bonhomme de chemin, un livre ! Ce n'est pas un bouquin sorti ces derniers jours mais je l'avais acheté il y a quelques semaines et je ne l'ai lu que là, sur le tard. Le Trop Grand Vide d'Alphonse Tabouret, signé Sibylline, Capucine et Jérôme d'Aviau, chez Étincelle. Sous ses airs de livre illustré pour enfant autour d'un voyage initiatique d'un drôle de p'tit truc, Alphonse Tabouret donc, où celui-ci découvre le monde et la vie, ce bouquin est un vraie fable philosophique au ton moderne et léger portée par un dessin simple et original, une esthétique surprenante et touchante. Le genre de bouquin que vous ne pourrez pas vous empêcher de relire et de vous le refiler de parent à enfant, d'ami à poto. Plus fort et vrai qu'un Petit Prince ou qu'un Jonathan Livingston le goeland ! Du sourire en barre, que c'est c'te tiot machin !

Et puis aujourd'hui, en balade chez mon disquaire de gros, coup de zéphyr ! Un vent sec et chaud au coin de la nuque. Dans les allées, on diffusait un album que j'écoute en boucle depuis. No Witch de The Cave Singers chez Jagjaguwar. Ce groupe américain de Seattle existe depuis 2007 mais je ne l'ai découvert que cet aprèm ! Honte à moi mais mieux vaut tard...! Il s'agit d'un folk rock énergique du genre de celui qui nous fait passer des centaines de kilomètres de bitume comme un rien. Ça raccroche un peu aux entournures, ça éraille, ça fait tanguer la tronche et bredouiller du yaourt ! A écouter à fond sans modération !

Après toute cette ventilation, va falloir que je reste un peu au chaud histoire d'éviter la bronchite mais jamais maladie ne me paraîtrai plus enthousiasmante !

lundi 14 mars 2011

Le Réveil de l'Olvig, en slamant !

Bon ! Alors, oui, j'ai fait ma grosse fégnasse ! Deux semaines que je rechigne à faire un article sur ce blog, et en règle général, ces dernières semaines, je ne semble pas très prolixe. Je culpabilise un peu, je ne vous le cache pas. Du coup, pour tenter d'obtenir votre pardon, je vais assumer à fond mon nouveau statut de slameur qui commence à se faire remarquer sur la scène rémoise. Je me refusais à ce constat mais les faits sont là, je suis devenu slameur ! Et, en plus de ça, je suis peut-être même devenu une sorte de junky du slam. J'écris slam, je parle slam, je mange slam (enfin, presque !)... C'est une véritable obsession. Je ne l'ai pas spécialement recherché mais en même temps, les gens que je croise dans les soirées slam sont tellement adorables, intéressants et attachants que j'ai du m'avoué vaincu ! Alors voilà, BAM !!! Histoire de me la péter et de vous en  mettre plein les esgourdes ainsi que pour me faire pardonner de mon trop long silence, trois textes à lire ou à écouter, selon votre bon vouloir.


Lectrices, Lecteurs, bonne découverte !




Les Envies De Niro

Y a des soirs comme ça
On ne sait pas pourquoi,
On a une envie qui vient qui va,
Ça nous prend comme qui dirait par là. (Montrer le haut de son crâne de sa main)
L'envie de claquer tout ça,
De prendre un gun et de faire sauter la casbah,
D'exploser la tronche de ce gars, là-bas,
De faire en sorte qu'on ne soit
Plus vraiment soi...

L'envie de se la jouer Joe Pesci
Se mettre en costard à la mafiosi,
Se faire dorer le bling-bling un peu à la Sarkozy
Sans pour autant se faire tout rikiki.
Envie d'un p'tit chico en or, juste ici,
D'une montre un peu classe signée Gucci,
Quelque chose qui ferait qu'on me remarque, dans la vie,
Et alors que le type face à moi me cause du souci
Parce qu'il m'aura regardé avec un semblant de mépris
Je chopperais le premier stylo Bic qui traîne façon grigri
Et je planterais dans son œil droit la pointe qu'on use à l'écrit.
J'lui perforerai la gorge à ce dédaigneux Titi.
Il me tâchera de sang mon habit couleur de nuit
Et tandis qu'il crèvera, je l'engueulerai encore, l'abruti...
(Rire en « Hi ! Hi ! Hi ! », d'abord hystérique puis plus gêné. Enfin, se reprendre, un peu...)

Y a des soirs comme ça
On ne sait pas pourquoi,
On a de ces idées qui passent par là. (Montrer son crâne en se tapotant la tempe du bout de l'index.)
Ça nous vient d'abord du bout des doigts,
Puis ça envahit le cœur, le ventre et le bas
L'idée que mes couilles dirigent mes jambes et mes bras.
Qu'elles veuillent foutre en bouillie ce gars, là-bas,
L'idée que rien qu'une fois on ne soit
Plus vraiment soi...

L'idée qu'à la Steve MacQueen faudrait s'la jouer,
Réussir à faucher des clés, celles d'une bagnole sur le bas côté,
Tenter de décrocher un sourire à la blonde aux petits nénés,
L'emmener sans la forcer en voyage vers l'étrange contrée
Que décrivait dans ses bouquins Tonton Hemingway.
Et sans la prévenir faire des embardées
Juste parce que dans le rétro, on aura croisé
Le regard d'un type qu'on peut plus blairer.
Une main sur la cuisse pour la calmer,
Comme Maryline, elle commencerait à se marrer
Moi, j'sais pas pourquoi, ça me rendrai teubé
Et je ferai des blind pour l'épater,
Alors je pourrai plus rien contrôler...
Et c'est un platane, pas ses lèvres, que j'embrasserai.
(Rire en « Hé ! Hé ! Hé ! », d'abord hystérique puis plus gêné. Enfin, se reprendre, un peu...)

Y a des soirs comme ça
On se fout bien du pourquoi,
Y a un truc qui obsède d'un claquement de doigts...
Qui nous prend comme qui dirait par là. (Se frapper le haut du crâne avec la paume de sa main.)
Une sorte d'instinct qui guide nos pas,
Qui nous dit que la vie devrait pas être comme ça,
Qu'il faut buter sûrement mais bêtement ce gars, là-bas.
Qu'il faut qu'en fait, on ne soit
Plus vraiment soi...

L'envie de se la faire à la De Niro
Mine patibulaire et mains dans le dos
La bouche en coin, l'œil en bizot,
Dire à ce mec face à soi que ç'en est trop,
De le fixer bien dans les yeux, un peu de haut
Et lui cracher : « Hey ! Toi ! Ouais, toi ! Le gros !
C'est moi qu'tu regardes, pauvr' idiot ?
Tu vois pas que tu es sur ma route ? T'es mirot ?
Tu prends l'air fier ! Tu te crois costaud !
Limite, comment tu te sapes, on pense que tu te crois beau...
Tu te prends pour qui, espèce de nigaud ?
Pour le prince, un nabab, un gars des Soprano,
T'as beau te la péter, l'air de rien, ça s' voit : t'es un michto !
Par rapport à moi, crétin des Alpes, tu vaux zéro !
(Se montrer agressif avec le micro avec des « Ho ! Ho ! Ho ! », d'abord hystérique puis plus gêné. Enfin, se reprendre, un peu...)

Y a des soirs comme ça, ça serait trop beau
De laisser parler la violence qui habite notre cerveau.
De se laisser agir, de plus y aller molo,
De prendre une tête de turc, se le foutre à dos,
Vouloir qu'il y en ai un qui paye pour tous les salauds...
Et puis quand tu te décides à tout faire péter, tu fais le gros dos...
Puis tu regardes d'un peu plus près le rigolo,
Puis tu te dis qu'tu l'as déjà croisé le saligaud,
Puis tu réalises que dans le miroir, c'est toi, gogo !

(Ce texte m'a valu une grosse pénalité en Tournoi de Slam pour large dépassement des trois minutes réglementaires...)

La Belle meuf du café

Arrêtez ! S'iou plaît ! Mais... Rrrâh ! Arrêtez donc de m'regarder...
À la longue, vous vous doutez bien que vous me gênez !
J'ai bien vu, j'ai bien remarqué que vous me matiez.
Depuis tout à l'heure, depuis mon arrivée dans ce café,
J'ai senti les yeux de tout le monde sur moi se coller.
Je vous comprends, remarquez, et je sais ce que vous attendez...
Non, mais... Bien entendu ! Quoi ? Vous me croyiez demeuré ?
J'ai eu le temps de faire le tour de toute la salle d'un pas léger et
Je l'ai constaté, que j'étais la plus belle meuf du café.

La poire que vous vous payez...
C'est bien, vous vous la jouez mais
Je sais bien que je suis une beauté,
Vos regards n'ont de cesse de me le rappeler.
Les mains des uns rêvent de me palper,
La bouche des autres de m'embrasser,
Les mots des femmes de m'évincer.
Même toi, là, juste à côté, ton manège est bien rôdé !
Dés que j'ai eu le dos tourné tu n'as voulu que mon fessier.
Fais pas celui qui n'a rien capté,
Tu veux pas l'dire qu'j'te fais bander ?!
Ah ! Je sais ! Tu veux pas l'avouer
Parce que ta femme est là, juste à côté...
Non ? Ben, alors, vas-y, dis la vérité !
Ah ! La, la ! Les mecs, j'vous jure, des dégonflés !
Ça vous bave dessus en louzedé
Ça se fait des fixes sur votre décolleté
Ça se donne des coups de coude en vous traitant de traînée
Et face à vous ça assure autant qu'un plat à réchauffer... de chez ED.
Même pas capable d'assumer le fait
Que dans leur calecif ça sent le cramé...
Et puis, vous toutes, mesdames, avouez
Que vous enviez mes hanches bien dessinées,
Mes lèvres gourmandes, mes petits nénés,
Mes cheveux longs un peu décoiffés...
Je crois que si je n'étais
Pas aussi sympa, vous ne pourriez
Pas me piffer.

A voir vos têtes, tout de suite, j'ai deviné
que vous me trouvez imbu de moi-même et
Prétentieuse comme jamais.
Et je dois dire qu'il y a un fond de vrai
Dans ce que vous pensez.
Mais prenez un instant et imaginez...
Si ça se trouve, si j'étais un mec, je serai
beaucoup moins bien gaulé...
Mais là, à cet instant donné,
J'ai bien conscience qu'à vous parler
Comme je le fais
J'aurai pas besoin d'être beau pour que vous me regardiez.

Inventaire frigorifique


Au commencement, il n'y avait rien !

Et puis, lorsqu'on l'a ouvert
Pour en allumer la lumière...
On s'est mis à l'emplir
Selon notre désir...

Des pizzas marguaritas précuites
Des tupperwares hachis-parmentieurisés
De l'emmental au lait pasteurisé
Des yaourts vanille choco-pépites

De la bière blonde premier prix
Deux-trois tomates déculpabilisatrices
Quatre Danettes caramel tentatrices
Et de la mayonnaise aussi.

Pendant longtemps, de nouveau : Rien !

Et puis, on l'a rouvert
Afin de se satisfaire
De faire un peu illusion aussi
Afin que l'autre nous apprécie.

Une batavia pas défraichie
Un citron, du lait et des pêches
Des tagliatelles ciglées « fraîches »
De l'Actimel 0% goût kiwi

Des œufs bio vieux de deux jours
Un petit chablis pas cher
Du jus d'orange qu'on venait de faire
Et de la mayonnaise, toujours.

Et pour un temps, ce fut le train-train.

On l'ouvre de façon ordinaire
Sans trop faire de manière
Chacun se permet de faire cohabiter
Ses diverses denrées

Pour elle, du jus de goyave
Et de la cire à épiler
Pour lui, du chocolat au lait
Et du riz pilaf

A elle, des bâtons de surimi entamés
Et des graines de betteraves germées.
A lui, le vieux roquefort de chez Mémé
Et un pot de mayonnaise périmée.

Quand soudain on vida le tout, un jour chagrin

Parce qu'y a des fois, les DLV se dépassent
Pour le consommateur comme pour la boustifaille
Juste le temps qu'elle s'en aille
Lui voit s'effacer les traces

Plus de margarine anti cholestérol
Ni de barquette de fraises du Limousin
Pas plus encore de civet de lapin
Tout juste une courgette un peu molle.

Plus de tarama ou de saumon fumé
Et plus une goutte de soupe lyophilisée
Et à l'endroit où y avait des poissons panés
Reste juste un pot de mayonnaise vidé.

On dit souvent que l'appétit vient en mangeant,
L'histoire d'amour se ferait-elle en consommant ?
Il se retrouve seul, face éclairée par le frigo,
Pas sûr qu'il refera des courses de si tôt !

dimanche 20 février 2011

Les Pieds dans l'Olvig 16 - Du comics à la française et de la littérature classiquement moderne...

Enfin j'arrive à relire avec un minimum de suite dans les idées... Il s'en fallait de peu pour que je déclare le décès de ma capacité de concentration au delà de vingt pages... Et, sous le coup de cette joie soudaine de la résurrection d'un partie de ma caboche, il faut que je vous en parle...

Deux jolies découvertes qui méritent qu'on s'y arrête mais deux découvertes qui n'ont rien à voir l'une avec l'autre.
Commençons avec mon péché mignon, de la BD ! Et pas n'importe laquelle, de la BD brute de décoffrage, qui envoi la purée et dézingue un peu les mirettes. Lecteurs, Lectrices, amateurs de science fiction débridée, adorateurs d'humour noir, let me introduce un nouveau « fanzine » objet éditorial non identifié, je vous présente et vous réclame de lire le premier tome de Doggy Bags publié par 916 Label. Cultivant un amour du genre du comics indé un peu à la Grindhouse (Rappelez vous, Planète Terreur et Machete de Robert Rodriguez ou Boulevard de la mort de Quentin Tarantino !), voilà un specimen de comics à la french touch qui nous donne du bon grain à moudre pour nos cervelles de dégénérés (dont je suis un des plus beaux représentants) ! En trois histoires, une de loup garou (Fresh, Flesh & Hot Chrome de Singelin), une de tueuse (Masiko de Maudoux) et une dernière de poursuite à mort (Mort ou vif), le lecteur est plongé dans trois univers à l'atmosphère délicieusement crade, transpirante, testostéronée de façon subtile... Trois auteurs aux scénarii peut-être inégaux mais aux dessins incroyablement efficaces. Gros craquage pour le Mort ou Vif de Run, à l'impitoyable humour noir qui m'a eu comme un bleu ! Ah ! Y a pas à dire, ce Doggy Bags... Non seulement c'est drôle mais c'est aussi beau et pas aussi con que ça en à l'air ! De quoi se décomplexer une âme de trentenaire adulescent tout en séduisant habilement un public assez large ! Prenez le risque, vous m'en direz des nouvelles.

Puis petit focus sur le premier roman de Mademoiselle Émilie Desvaux, À l'attention de la femme de ménage, publié chez Stock. Oui, c'est la première fois que je parle de littérature sur ce blog. Allez savoir pourquoi, alors que c'est l'essence de ma vie, je n'en avais pas encore fait de critique. Peut-être parce qu'en tant qu'apprenti écrivain je ne m'en sentais pas l'autorisation. Peut-être aussi parce que je n'avais pas encore trouvé la personne sur qui passer le pas. Un premier roman, je m'en sens autorisé.
C'est l'histoire d'une maîtresse de maison pas encore quadra qui raconte sa vie à sa bonne dans une longue lettre. C'est une histoire d'un franchissement de cap dans la vie d'une femme. C'est l'histoire d'un être pour qui l'amour est un questionnement plus qu'un état. C'est l'histoire d'un manque de l'autre parti trop tôt. C'est une histoire de femmes ensemble mais qui ne peuvent s'empêcher d'être seules... Arrêtons là le résumé, le délice de ce roman est la découverte de cette drôle de vie au fil des pages. En dire davantage serait sacrilège. Dans un style frais et élégant, Mamzelle Desvaux, la vingtaine allègre, vouvoie son lecteur sous couvert d'une pseudo forme épistolaire. Technique facile mais suffisamment bien employée pour attraper l'aimable possesseur du bloc de papier imprimé que je suis. Avec un petit bout de joie de vivre, de « je me prends pas trop au sérieux sinon j'enfilerai plus mes godasses », un soupçon de joli parlé, un chouillat de désenchantement bien pensé... ce premier roman nous laisse voir un charmant auteur en la personne d'Émilie Desvaux. J'ai pas pu me retenir de penser à Bonjour Tristesse, du petit monstre Sagan, avec un rien d'impertinence en moins... Tout ce qu'on peut lui souhaiter, c'est de se lâcher davantage. Débridée, la plume de la jeune fille fera des étincelles, selon moi. D'autant qu'avec les yeux gigantesques et l'air de biche angélique qu'elle présente sur le bandeau de son premier opus, on sent qu'il y a de la ressource et du bankable. Un pétillement croquignolesque à mon coeur, cet À l'attention...

Je le souhaite à tout le monde !

Bonne lecture, bonnes gens !

jeudi 10 février 2011

Les Pieds dans l'Olvig 15 - Love & autres drogues... mouais !

N'ayant envie que d'une chose ces derniers temps, fuir mon chez moi, je suis allé voir, hier soir, le dernier film avec Jake Gyllenhaal et Anne Hataway, Love & autres drogues de Edward Zwick. Mister Zwick n'étant pas du genre à faire dans l'esprit léger et court vêtu (C'est quand même le bonhomme qui nous a pondu l'excellent Black Diamond avec Di Caprio et le moyen mais couillu Dernier Samouraï avec notre scientologue préféré, Tom Cruise), j'étais un peu estomaqué par la bande annonce qui nous présente une comédie de moeurs avec deux gravures modernes du glam-tchikiwawah !
Ce qui m'a donné envie de le voir avant toute chose, je ne le cache pas, c'est le casting. Le brun aux yeux sombres de Brokeback Mountain devenu ultra bankable depuis Prince of Persia avec la jolie brune pétillante du Diable s'habille en Prada, je trouvais ça classouille !
De quoi que ça parlotte ? On est fin des 90's. Jamie est ce genre de mec qui se démerdera toujours pour trouver du taf parce qu'il a la tchatche et qui devient commercial dans la pharmaceutique. Maggie est de ce genre de nana libérée sexuellement qui préfère que sa vie ressemble à une bonne poilade plutôt que s'apitoyer sur son sort de fillette malade. Ce deux là se rencontrent. Ils sont sexy l'un et l'autre. Ils baisent. Ils kiffent. Ils recommencent, sans prise de tête... jusqu'à ce que les sentiments naissent. Bien que l'un et l'autre se refusent à un craquage sentimental, ils sont bien obligés de reconnaître que non seulement le cul entre eux est une drogue, mais aussi qu'ils ressentent une dépendance réciproque... On s'en doute, tout ça va se compliquer un peu parce que sinon il n'y a pas de film...
Pourquoi les 90's ? Parce que naissance du Viagra dont on va en parler pour essayer de donner de la cohérence à la narration (Faut bien causer de médocs sinon le titre n'a aucun sens). Pourquoi ce réalisateur ? Parce qu'il n'avait pas encore fait de mélo et que ça manquait à sa filmo... mais finalement il s'en sort pas mal.
C'est un film plutôt inoffensif, ce Love machin-truc, finalement. Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, ça se laisse regarder, c'est assez agréable, les acteurs sont charmants, radieux, ils illuminent la pelloche ! Ils ont deux jolis sourires Colgate, ils sont un peu caustiques, souvent dénudés et sexy, les dialogues ne sont pas mauvais, la narration n'est pas compliqué, on navigue à vue, rien n'est sous-entendu... Ca aurait été joué par Shirley MacLaine et Paul Newman dans les années 60 que ça ne m'aurait pas surpris, en fait. Sincèrement, c'est un film pas mal pensé mais qui ne restera pas dans les anales. Ca fera bien sur les CV de tout le monde. Ni plus ni moins...