jeudi 10 juin 2010

Les pieds dans l'Olvig 05 – Un petit point sur mes dernières sorties culturelles.

Au sortir d'une salle de ciné, après une projection nocturne, je me dis que je me dois de faire un petit point critique sur mes dernières sorties culturelles.

On va se la jouer en mode marche arrière, à la façon du Prince Dastan dans Prince of Persia, les sables du temps. Je l'ai vu ce soir, c'est donc un avis à cru. D'abord, le petit résumé d'usage : Un joli mec aux yeux grands comme le coeur(l'impec Jake Gyllenhaal), parvenu, qui se trouve être un Prince de Perse par adoption, se voit accuser du meurtre de son père adoptif, Roi de Perse donc, suite à un complot autour de l'invasion d'une ville soit disant traîtresse. Ville où se trouve une très charmante Princesse. Laquelle est une sorte de gardienne du temple d'un dague sacrée et magique qui fait retourner dans le temps... Va s'en suivre bon nombre d'aventures qui permettront au Prince de laver son honneur en dénonçant une trahison fraternelle (Ben Kingsley en méchant, plutôt pas mal !), d'être innocenter, de devenir un exemple et accessoirement de se taper la bonne meuf... euh ! Pardon, la jolie Princesse.
En dehors de son scénario plutôt très téléphoné, on passe un bon moment. On peut reprocher énormément de trucs à ce film comme l'abus de grosses ficelles d'action, comme le fait que bien que ça se passe en Perse, les personnages nous paraissent franchement caucasiens aux dents bien blanches, ou encore que les effets de musiques fonctionnent vraiment toujours comme des poncifs dont Hollywood devrait se faire un plaisir à reconsidérer une bonne fois pour toute. Mais on passe un peu au dessus de ça parce que les grosses ficelles fonctionnent, parce que les comédiens ont fait leur job honnêtement, parce qu'on sait que c'est une licence Disney, parce que c'est un réalisateur habitué du genre (Mike Newell, le directeur d'un des Potter) qui maîtrise son outil qui joue les guides pour nous, parce que qu'au fond on passe un bon moment où on ne réfléchit pas trop et parce qu'on nous prend un peu pour des idiots mais pas trop alors bon, on se sent un brin respecté, ce qui a le don de nous flatter un tant soit peu. Très sincèrement, on ne perd pas son argent en allant le voir. Juste, c'est loin d'être le film de l'année... rien de grave.


On remonte un peu dans le temps et je vous parle maintenant d'un spectacle théâtral que j'ai vu à la Comédie de Reims la semaine dernière, qui devrait tourné et surtout prendre place à Avignon, pour ceux qui visiteront le Festival 2010. Il s'agit du diptyque Le Bouc et Preparadise Sorry Now, deux pièces courtes signées par l'un des maîtres du cinéma expressionniste allemand, Môssieur Fassbinder. On y parle extrémisme et déviance dans le Bouc en abordant les réactions d'un village allemand autour de l'arrivée d'un ouvrier grec, sujet de convoitise autant que de jalousie. On y parle aussi naissance du nazisme, suppression des libertés, «gendarmisation» à outrance dans Preparadise..., sorte d'aperçu de la situation de l'Allemagne dans les années 30 au travers de scénettes par le prisme de la prostitution. Ça paraît très pompeux dit comme ça et, ne cachons pas la vérité, c'est pompeux mais pas au point de se sentir rejeté. La première pièce est très accessible par sa narration, le naturel de ses comédiens (des jeunes gens plein de talent faisant parti du Collectif Artistique de la Comédie), l'inventivité de sa scénographie, la frontalité de sa mise en scène, principalement son rapport au corps et à la nudité. Le second est peut-être moins facile, un peu plus... pas expérimental, non, plutôt conceptuel. La mise en scène est très juste, les comédiens toujours aussi excellents... non, là, les personnes ne sont pas mises en causes à mon sens, c'est plutôt le textes de Fassbinder qui semble un poil abscons. Ce qui ne passe pas forcément auprès de n'importe quel public mais qui comblera certainement les festivaliers de juillet. Reste que je suis vraiment fan des jeunes comédiens de ce Collectif comme Constance Larrieu, Déborah Marique, Sylvain Sounier ou encore Samuel Réhault. Ils ont énormément de talent et mérite vraiment toute notre attention. Dans le lot, certains vont faire parlé d'eux, selon moi. Je le sens !


Enfin, retournons encore quelques jours en arrière pour faire le point sur un film que je voulais voir à tout prix et qui m'a laisser un goût de pas assez : 8 fois debout, de Xabi Molia avec Julie Gayet et Denis Podalydès. Avec la volonté de faire un feel good movie à la française, on suit les mésaventures de deux losers qui cherchent tant bien que mal à joindre les deux bouts et à sortir dtrou qu'est leur vie. Étant adepte du genre côté ricain, tel que Juno, Little Miss Sunshine ou encore Sideways, ce projet m'excitait énormément... Bin ! Au final, il se trouve que c'est un peu mou du genoux. C'est joli, pas trop mal fichu, regardable, bien interpréter mais ça n'égale franchement pas la qualité des exemples cités plus haut. On en sort totalement indemne, ni plus heureux, ni plus instruit, ni triste... même pas mi-figue mi raisin... on s'en fout un peu, voilà tout. Ce film aurait gagner à être un peu plus punchy...

...En attendant d'autres coups de coeur ou d'autres coups de gueule, on aura au moins affuté ses goûts et puis pris l'air, aussi...

mardi 8 juin 2010

Koma : LA Grosse surprise !

Jolie découverte de la semaine.
En flânant dans les allées dans ma librairie BD favorite, j'ai craqué sur une couverture colorée. Arrivé chez moi, j'ai sombré dans des pages en noir et blanc captivantes.
Je parle de l'édition intégrale de la série Koma, signé Pierre Wazem et Frédérik Peeters, sortie en mai 2010, chez les Humanoïdes Associés.


Le titre n'est pas ragoûtant, l'œuvre l'est beaucoup plus. Là où l'on pouvait attendre un truc hyper réflexif, contemplatif, morne, j'ai trouvé une BD pleine de fantaisie, d'originalité, d'inventivité.
Sur plus de 250 pages (oui, c'est un roman graphique, pour le coup), on suit la petite Addidas Eme, fillette étrange, entre Punky Brewster et le blondinet philosophe au tigre en peluche, Calvin. La petite Addidas assiste son père dans son travail de ramoneur. Mais ce n'est pas la seule chose qui caractérise l'enfant. Elle est en effet sujette à une sorte de maladie qui la fait tombée dans un coma plus ou moins long. Ce qui ne semble pas l'inquiéter outre mesure, contrairement à son géniteur. Un beau jour, alors qu'Addidas est dans un petit boyau dans lequel elle aura été un peu trop loin, elle découvre un monde souterrain surprenant habité par les êtres qui s'occupent de nos machines, des sortes de télécommandes géantes de nos âmes et de nos corps (l'idée de génie de l'auteur, à mon sens). S'en suivent des aventures poétiques, oniriques, métaphysiques en suivant les parcours de la fillette et de son colosse "domestique" mais également du père d'Addidas, Julius Eme, un vieillard d'une énergie folle qui ne cherche qu'une chose, retrouver sa fille et la protéger.

Ce bouquin détient une certaine magie, une âme. Il y a de la profondeur sous couvert de légèreté, une fantaisie et une gaieté incroyable au-delà du noir et blanc qui pourrait paraître froid. J'y ai trouvé le charme et l'intelligence d'un film d'Hayao Miyazaki. Un scénario éclairé et inventif. Un dessin plein de charme, de sensibilité... Un tout d'une grâce qui met du baume au cœur.
J'ai adoré ce Koma. Et je suis devenu dingue du travail de Peeters.

Pour plus d'infos sur lui : frederik.peeters.free.fr
Pour voir son travail : portraitsaslivingdeads.blogspot.com, blog atypique et étonnant avec uniquement des portraits de célébrités défuntes ou en vie, vue sous un angle de mort-vivant.

lundi 7 juin 2010

Polaroïd #01 - Café clope (Une petite création de l'Olvig)

Une envie de créer, ça me vient un peu comme un besoin pressant, en général. Là, j'ai eu cette envie d'écrire des textes très courts racontant des instants de vie (drôles ou tristes, ça reste à voir !)
Je vais essayer de me tenir à cet exercice, au moins un texte par mois. Le texte ne sera jamais seul, il sera toujours accompagné de sa version audio. C'est un peu le but du jeu : écrire pour l'audio. Ce support m'intéresse pas mal, d'autant que j'y suis très novice...

Premier Polaroïd, un petit truc tout con qui s'appelle Café clope. Ca dure 11 minutes, c'est moi le lecteur. Notez que la musique en fond, discrète, est signée Serge Gainsbourg...
tilidom.com
N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez !

Bonne écoute !

N.B. : Le texte est téléchargeable gratuitement ici : Polaroïd Littéraire #01 - Café clope.pdf
...mais les droits sont réservés, sachez le ! Ah ! Les droits d'auteur...

mercredi 2 juin 2010

Les Pieds dans l'Ovig 04 - Une jolie collection de bulles

Voilà bien longtemps que je n'ai pas donné mon avis sur quoi que ce soit... Du coup, grosse critique sur de la BD ! Parce que oui, l'Olvig consomme énormément de BD ! Sachez le, bonnes gens !

Première découverte de ces dernières semaines : le premier tome de ce qui s'annonce comme une série baptisée "Jour J". Le volume en question s'intitule Les Russes sur la Lune !

L'histoire : en 1969, les américains loupent de peu l'évènement de ce XXème siècle, la mission Appolo 11 échoue son alunissage, Neil Armstrong et consors se retrouvent tués par un projectile spatial... Ce sont les soviétiques qui, quelques semaines plus tard touchent au but... Cette "victoire" de l'URSS engendrera la construction de deux bases lunaires, en activité dans les années 80, l'une ruskoff, l'autre amérloque...
Oui, nul doute à avoir, c'est bien une réécriture totale de l'Histoire à laquelle le lecteur à affaire dans cet album. Fred Duval et Jean-Pierre Pécaud (assistés de Fred Blanchard) se sont amusés, comme bon nombre d'autres auteurs avant eux, a réécrire un moment clé de ce qui fait que le monde est tel qu'il est, aujourd'hui. C'est une écriture assez finaude, d'ailleurs, que celle de ces deux acolytes. Inventant une histoire tellement simple et folle qu'elle semble éminemment plausible, on plonge assez facilement dans cette aventure hors du commun. L'idée de génie de ces auteurs est d'avoir créé un malin parallèle entre les relations Américano-Russes de la Terre et celles de la Lune. Loin du film catastrophe et de l'épopée fantastique, on est dans le "toujours possible si seulement"...Soutenu par le dessin impec de l'excellent (et accessoirement rémois) Philippe Buchet, connu pour la référence du Space Opéra "Sillage ", ce premier tome laisse espéré que Jour J va s'avérer être une série terriblement captivante.


Deuxième petite perle parue ces dernières semaines : Lord of Burger, tome 1 – Le Clos des épices. Si vous connaissez et avez aimé certains mangas tels que "Les Gouttes de Dieu" de Agi et Okimoto ou encore "Le Gourmet solitaire" du maître Jirô Taniguchi, il y a de fortes chances que vous appréciez ce petit bouquin. Bouquin doté de pas moins que quatre auteurs : Christophe Arleston (le mec de toute la filière des machins-choses de Troy) et Audre Alwett pour le scénar... Scénar qui se dépatouille pas trop mal pour tenter de passionner le lecteur en mélant humour, action et gastronomie. Pour le dessin, les deux autres : Balak et Rachel Zimra. Un trait sur la corde raide entre comics et manga. On remarquera que le style est bien griffé du directeur artistique de la bête : Alessandro Barbucci (le mec de Sky Doll).
Ce que ça raconte ? Ben ! Un chef cuisto étoilé meurt(tragiquement???) dans son restaurant parisien. Du coup, ses deux enfants et héritiers à peine adulte, Arthur, employé de fast-food et Ambre, passionnée d'art (martiaux), se retrouvent propulsés directeurs de ce pilier du Guide Rouge...
J'avoue avoir un peu trembler devant le quatrième de couv'. Action et restauration ne me semblaient pas pouvoir faire merveilleusement ménage. Et je dois dire que ça n'est pas franchement une perfection mais que ça se laisse lire sans déplaisir. Un ton qui se prend plutôt pas trop au sérieux, ce qui est tout à l'honneur de ce premier tome. Un style très accessible, pas dégueu. Petit coup de chapeau aux deux coloristes, Andry et Florence Torta, qui ont le don de mettre l'eau à la bouche et de foutre un peps appréciable à l'affaire.


Dans un registre beaucoup plus franco-belge, Charlotte Gainsbourg mon amour de Fabrice Tarrin, dit Le Lémurien comblera les afficionados de la pop culture hantant la mythologie personnelle de chacun. Oui ! Vous n'avez pas ripé sur la ligne d'avant, j'ai bien écrit le Lémurien. Dans la veine de ces auteurs qui animalise les humains façon La Fontaine, Tarrin s'est fait une gueule de Lémurien plutôt croquignolesque et en a fait de même pour tout ces proche. Le « pitch » ! Ah ! Difficile, y en a pas vraiment. Ce sont des moments de vie drolatiques de ce type plus que normal, qui nous ressemble un brin. Il nous raconte comment il a croisé la Miss Gainbourg quand l'un l'autre étaient pratiquement voisins d'école, comment il en était fou amoureux, comment ce béguin a pu générer des trucs qui ont fait ce qu'il est aujourd'hui. C'est bête comme chou et pourtant on se laisse prendre. Ajouter à ça que le bonhomme à un coup de crayon super chouette, tant et si bien que son meilleur pote, un poil irritant, nous apparaît sous l'aspect d'une sorte de croisement entre un vieux clébart et un marsupilami après l'accident : super attachant. Charlotte sous les traits d'une Cannette ultra ressemblante (Si ! Si ! Je vous assure !). Ce type est doué ! Si doué, que je viens de me plongé dans son premier opus, Journal intime d'un Lémurien.

Pour finir, le gros coup de coeur du moment : la série L'Immeuble d'en face, signée Vanyda. Oui, là, je me lache, série complète. Déjà parce qu'elle ne comprend que trois volumes. Et parce qu'ensuite, dés qu'on en lit un, on veut les lire tous.
Vanyda, jeune femme au trait valsant entre BD réaliste et héritage manga d'auteur, nous tire le portrait des habitants d'un petit immeuble parisien. Juste des petits moments, par-ci, par-là. Des bouchées sucrées, salées, acidulées, amères... Paul Auster et Anna Gavalda qui se rencontrent, ils écrivent un chronique comme celle-ci, j'en suis sûr !


Une mère célibataire, Béatrice, enceinte jusqu'aux yeux, un petit garçon à charge, Rémi, côtoient Fabienne et Jacky quadra-quiqua, propriétaire d'un dogue allemand, Gipsy ; ainsi qu'un jeune couple, Claire et Louis, tous deux étudiants. On suit ces gens, simplement. C'est mélancolique, drôle, dramatique, touchant, jamais ordurier, jamais excessif, toujours captivant. C'est frais, tout court. Elle a tout compris de la vie, cette auteure. C'est toujours juste. On a envie d'être un pote des petits jeunes, on aimerait papoter avec la voisine au clebs, on offrirait volontiers notre aide quotidienne à cette charmante jeune maman. On adore être une petite souris dans l'intimité banale de ces gens. Et on en redemande, avec ça.
En plus d'être douée pour raconter, Vanyda se paie le luxe d'avoir des mains en or. Ses dessins, c'est entre l'esquisse, l'estampe, le crobart. Avec une élégance folle, par dessus le marché ! Un bijou !

Bien ! Voilà... Là, vous avez de quoi faire !
Bonne lecture !

(P.S.: Merci aux gentils vendeurs de Bédérama, galerie de l'Etape, à Reims, qui me font découvrir tout ce beau monde !)

vendredi 9 avril 2010

Les pieds dans l'Olvig 03 - J'ai décidé de vous faire économiser 10€, aujourd'hui !

Premier petit coup de mou, ou petit coup de gueule, c'est selon !
Bien décidé à me faire une "soirée entre couilles" (comprenez une soirée entre potes adeptes de la démangeaison testiculaire), je suis allé voir Le Choc des titans, de Louis Leterrier. Alors le bonhomme, pour cerner vite fait, c'est celui qui nous a fait nous éclater (moyennement) avec les deux premiers volets du Transporteur avec le plutôt cool Jason Statham. Pour résumer, c'est un type qui fait du cinéma parfois jubilatoire, certainement pour satisfaire ses besoins de fan de films d'action mais pas toujours pour satisfaire les nôtres. Il manipule sa recette comme n'importe quel mec qui a prit ses marques dans un style ou, si vous préférez, c'est le Marc Lévy du film d'action. En général, on marche quand même... Ben, là, non ! Faut avouer que je ne m'attendais pas à truc génial mais tout de même !
L'histoire tient en quelques lignes assez connues, tel un petit sentier de camping qu'on prend tous les ans : Le gentil, Persée, qui a vu mourir sa famille d'adoption par le Cro Méchant Dieu des Enfers et de la guerre, Hadès, veut se venger ! Ca tombe bien, un peuple entier veut la mort du même Dieu, parce que la croyance aux Dieux antiques ça va bien cinq minutes mais au bout d'un moment, ça soule ! Le gentil va donc monter une armée avec les gugusses qu'on lui impose, va buter du CroCro moche monstre dans tous les coins, va découvrir que son vrai daron, c'est le boss des boss, Zeus... et puis on fini tant que possible sur une fin ouverte, histoire de faire un numéro 2 si le premier marche un peu (si on a fait un peu de tune)...
D'habitude, on s'en accommode, très franchement. J'ai pris mon panard avec des trucs dans le même genre (voyez Transformers, Terminator, Fast and Furious, des machins-choses pour prix nobels, quoi !) et je n'en rougirais pas... Mais là, ça sent le renfermé, le décongelé au micro-onde !
Les effets spéciaux paraissent faiblards (la faute à Avatar qui nous a foutu en l'air nos habitudes ! N'importe quel scorpion géant nous blase avant même qu'il pointe son dard !), les personnages vus, revus et re-revus jusqu'à la nausée (messieurs les réalisateurs, trouvez nous de nouvelles têtes qui savent jouer la comédie, Nom de Zeus !), le suspens n'en ai pas à cause de la musique qui nous fait tout prévoir à l'avance, la lumière est tout bonnement dégueulasse, les comédiens donnent leur minimum syndical... Bof ! Le souci du film de Leterrier, c'est d'avoir cinq ans de retard, à bien y réfléchir ! Et puis peut-être aussi de s'être pris un peu trop au sérieux, malgré les quelques notes d'humour facile.
Est-ce que quelque chose m'a réjoui, néanmoins ? (Oui, je me pause la question parce que, bon ! 10€, c'est cher quand même !) Ben, pour une fois, j'ai vu des chevaux ailés pas repoussant, plutôt bien fichus. Le réalisateur malheureux a eu un sacré coup de bol en embauchant un Sam Worthington maintenant célèbre et assez convainquant en restant dans une sobriété de rigueur. Sinon, rien... J'ai un peu perdu mon temps et mon fric...
Pas grave, les films très moyens sont utiles, malgré tout : Ils remettent à niveau nos barèmes d'appréciation !

lundi 5 avril 2010

Les pieds dans l'Olvig 02 - Deux "Happy Movies" en DVD

Vous êtes dans le mood peut-être, un peu comme moi... parce que le printemps arrive à petit pas, qu'il est au pas de vot' porte mais que cet imbécile met un bon bout de temps à s'astiquer les semelles sur le paillasson... Parce que vous voyez le temps passer et que vous avez l'impression d'être sur le trottoir d'à côté, à vot' rythme qu'est pas le même que tout l'monde... Parce que des souvenirs d'enfance ont ressurgi par l'intermédiaire de photos surannées pleines de cette agréable nostalgie au goût de caramel au beurre salé... Pour tenter de ne pas se sentir trop décalé ou plutôt pour sentir que le reste du monde est aussi décalé que vous, je me permets deux petits conseils DVD. C'est sorti il y a peu de temps, c'est américain, c'est pas plus cher que d'autres petites merdouilles d'intérêt plus que temporaire et franchement, vous y retournerez avec délice dés que possible.
Important à savoir, je ne parle que des films parce que pour être franc, je les ai pas encore achetés mais j'en ai bien l'intention.

Tout d'abord, plongez dans (500) jours ensemble(ou (500) days of Summer, perso j'ai une préférence pour ce titre original, plus poétique), premier long métrage de Marc Webb. Là, celui-ci, je l'avoue, j'ai triché, je l'ai vu en streaming, mais bon !
Pendant une heure et demi, on est porté par le récit des 500 jours où Tom, auteur pour carte de voeux, pas encore la trentaine, a pensé à Summer, LA fille avec les yeux, le sourire, tout le bardas... Loin d'être un machin filmique complètement cul-cul la praloche, Webb nous montre vraiment comment on tombe amoureux, comment on devient dépendant de quelqu'un, comment ce quelqu'un commence à nous faire mal et puis comment on s'en défait aussi. Il dirige des comédiens quasi inconnus avec une virtuosité magique ; il se crée une identité visuelle entre Jeunet, Jonze et Gondry ; il raconte une histoire avec l'habileté qu'à cette nouvelle génération d'auteur américain, décomplexée et inventive. Webb est un réalisateur qui s'impose, l'air de rien, sans s'en excuser. Tout comme Joseph Gordon-Levitt, type même de l'acteur dont on se souviendra longtemps de la tronche mais pas du nom, et Zooey Deschanel, qu'on aura repéré dans les drôlatiques H2G2 et Yesman, le fascinant Assassinat de Jessie James... ou encore le décevant Phénomènes. Ces comédiens sont d'une fraîcheur et d'une justesse déconcertantes.

Si vous vous en sentez l'envie, petit Earl Grey bergamote, biscuit au pétites de chocolat, arômatisés cannelle ou vanille, et on enchaîne d'office avec Away we go, de Sam Mendes.

L'auteur de American Beauty, Jarhead ou encore Les Sentiers de la Perdition s'est cette fois lancé dans une petite histoire intimiste d'une drôlerie inattendue.
Burt et Verona, trentenaires sans grande fortune, forment un couple peu banal de futur jeunes parents. Elle est noire, il est blanc, ils n'ont pas une tune, des jobs aux quels ils ne tiennent pas particulièrement... et se retrouvent délaissés par les futur grands parents, les parents de Burt, qui ont décidé de vivre en Europe quelques temps... Sans réelles attaches, le jeune couple décide de se trouver une terre promise auprès des quelques autres personnes qui puissent leur être chères. Voilà comment le spectateur se retrouve propulsé comme compagnon de route de ces gens formidablement normaux ainsi que comme témoin de leurs réflexions telles que comment fait-on pour être un bon parent, qu'est-ce que c'est un lieu idéal pour élever son enfant, c'est quoi, exactement, être adulte de nos jours... Bon sang de bois, comme ça peut être cool de ne pas se sentir seul !
En choisissant la sobriété esthétique au service d'un scénario éblouissant d'humour, Mendes confirme, si cela était utile, qu'il est l'un des cinéastes les plus doués de sa génération. Narration linéaire mais efficace, lumière réaliste mais néanmoins poétique, un bande musicale folk qui colle à l'image comme un gant soutenue par une voix posée et onirique, rien a jeter dans ce petit film. Surtout pas son point fort : son casting. Lui, John Krasinski, doté d'un talent comique qui fera date ; Elle, Maya Rudolph, un monolithe d'équilibre entre force et fragilité ; et ce panel de second rôle extra genre Jeff Daniels, Maggie Gyllenhaal, Allsion Janney ou Melanie Lynskey... DU MIEL !

En ces temps de crise économique, ces deux DVD ne sont pas pour le plaisir, c'est un investissement pour vos soirées de moral en dessous du niveau de la mer.

Puis pour ceux qui ont encore deux-trois deniers dans le porte-feuille après tout ça, the little cherry on the cake, je vous conseille la lecture de Kylooe, un manga (en un seul tome pour le moment mais j'espère qu'il y en aura d'autre) de la chinoise Little Thunder, publié chez KANA. Entre Mon Voisin Totoro et Paprika, l'histoire de l'adolescente Lanyue, lasse d'être rejetée de tous, se laisse à sa rêverie, guidée par Kylooe, un gros monstre à la fourrure blanche et au long nez. Ca m'a laissé dans une torpeur d'enfance pas désagréable que je souhaite à chacun.

Voilà mes petits conseils du jour pour de bon(ne)s après-midi camomille ou de longues soirées Margarita-Bordeaux !

mardi 30 mars 2010

Les pieds dans l'Olvig 01 - Critique du film "Le Temps de la kermesse est terminé" de Frédéric Chignac

Tout d'abord, petite introduction : de temps à autres, je vais me targuer d'un sens critique personnel... J'ai envie d'appeler ça Les Pieds dans l'Olvig, ça sera ou des coups de gueule ou des coups de coeur sur des livres, des albums musicaux, des spectacles, des films, des restos... Toutes sortes de trucs.

Pour cette première chronique, je me lance sur le film de Frédéric Chignac, Le Temps de la kermesse est terminé, une sorte de conte philosophique réaliste.

Au fin fond de l'Afrique noire, Alex, un blanc, est coincé dans un petit village. Le blanc est en panne de voiture. Le blanc est en panne de repère. Le blanc voit venir la panne de coeur. Attendant désespérément le coup de bol comme d'autre pourrait attendre Godot, Alex, armé de son fric et de son caractère post-colonialiste se voit devenir un cas politique, une carte chance pour la France, une opportunité d'expansion.

On est entre Céline, Beckett et Bukowski, dans ce film. Un humour noir d'une fraîcheur enthousiasmante. Sans haine ni racisme, le réalisateur crée un univers quasiment théâtral pas dénué de charme. Une mise en scène très soft, naturaliste, sans effusion. Un photo plutôt pas dégueu... Techniquement, R.A.S. Coté acteurs, on est agréablement surpris. Stéphane Guillon jouant le rôle principal, fait une vraie bonne démonstration de son jeu d'acteur tout en sobriété héroïque, Aïssa Maïga impeccable (comme toujours) dans le ni trop ni trop peu, en jeune autochtone désireuse de découvrir l'Europe... Le reste de la distribution est dans le même ton, ce qui est très agréable. Mention spéciale à Eriq Ebouanney, le lieutenant Bado, militaire un brin zélé. Ce comédien est un monolithe, un caractère impérial doué d'une finesse de jeu hallucinante. Ce type fait preuve d'un talent et d'une présence incroyables !
Un petit film dont on ne sort pas totalement indemne... Mais pour ceux qui ne supporte pas les films sans explosions tous les quart d'heure, passez votre chemin. Pour ceux en revanche qui apprécient les moments de détentes qui font un peu travailler la caboche tout de même, un seul mot : FONCEZ !